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Télésoins en pharmacie : nouvelles d’un projet de recherche R1Q

Bien avant la pandémie à COVID19, plusieurs pharmacies utilisaient déjà la technologie et les réseaux sociaux pour se connecter avec les patients, entre autres par l’entremise de la plateforme Question pour un pharmacien.

Créée en 2016 par un pharmacien œuvrant en milieu hospitalier, cette plateforme permet à un nombre croissant de patients d’obtenir une réponse fiable au sujet de leur santé ou de leurs médicaments par le biais d’une téléconsultation avec un pharmacien communautaire de leur région respective.

Malgré le fait que la plateforme était en ligne depuis plus de 2 ans, très peu de choses étaient connues à son sujet, notamment ce qui motivait quelques 250 pharmaciens à y participer et la perception des patients au sujet de ce service.

L’étude financée par Réseau-1 Québec

À l’été 2018, l’équipe de Line Guénette, professeure-chercheure associée à l’Université Laval, et le concepteur de la plateforme initiait l’étude « Question pour un pharmacien: un service de téléconsultation offert par des pharmaciens pour prodiguer des soins de santé de qualité au Québec » après avoir remporté l’appel à projets de recherche sur les innovations et la bourse d’application des connaissances en 2017 et 2018, respectivement.

Le but de cette étude était d’apporter des connaissances au sujet de la plateforme, de ses usagers et de ses retombées afin d’informer le déploiement à plus large échelle du service au Québec.

Par le biais de sondages post-téléconsultation envoyés aux patients, de questionnaires  avec des pharmaciens inscrits sur la plateforme, et d’entrevues semi-dirigées avec des pharmaciens non-inscrits et d’autres professionnels de la santé, l’équipe de recherche a réussi à colliger une quantité appréciable d’information au sujet de la plateforme. De plus, un atelier délibératif tenu à Québec en 2019 avec des décideurs du secteur des soins de santé québécois a permis de valider les résultats observés et de dégager des recommandations sur son déploiement.

Données qualitatives

Un professionnel de l’équipe de recherche a mené des entrevues individuelles semi-structurées par téléphone avec 8 patients utilisateurs et 21 professionnels de la santé (utilisateurs et non-utilisateurs) dans le but d’explorer des thèmes spécifiques tels que l’utilité perçue et les retombées potentielles de la plateforme. Les entretiens ont été transcrits et une analyse de contenu thématique a été réalisée.

Les participants ont mentionné que la plateforme était simple à utiliser, utile et accessible. Ils ont également perçu qu’elle promouvait la visibilité et la valeur des pharmaciens et permettait de mieux comprendre le rôle du pharmacien, parfois méconnu du public.

Certains participants ont mentionné avoir des réserves quant au délai de réponse, qui peut parfois atteindre 24 heures, quand les questions reçues nécessitent une attention immédiate. En somme, les perceptions des utilisateurs et des non-utilisateurs étaient pour la plupart positives et suggéraient que la plateforme puisse être présentée comme un outil complémentaire pour les patients.

Données quantitatives

À l’été et l’automne 2018, une enquête de satisfaction par sondage en ligne a été menée auprès des patients et des pharmaciens qui ont utilisé au cours des récentes semaines la plateforme pour décrire leur expérience et leur satisfaction à l’égard de la plateforme et explorer l’utilité perçue de ce service dans la province de Québec.

Au total, ce sont 53 patients et 27 pharmaciens qui ont répondu au sondage, ce qui équivaut à des taux de participation de 21,5 % et de 71,1 %, respectivement. La plupart (96,2 %) des patients étaient satisfaits ou très satisfaits de leur expérience avec la plateforme, ont déclaré que cela répondait à leur besoin (88,7 %) et ont convenu qu’ils n’auraient pas à consulter à nouveau sur le sujet discuté avec le pharmacien (75,5 %).

La principale motivation des pharmaciens à s’impliquer sur la plateforme était de répondre aux besoins des patients (85,1 %), de promouvoir leur profession (55,6 %), d’améliorer l’utilisation des médicaments dans la population (55,6 %) et d’accroître l’accessibilité à un pharmacien (51,9 %). Il a également été trouvé dans le cadre de cette étude que certains patients s’étaient rendus à la pharmacie après la téléconsultation. Les développeurs de la plateforme ont, depuis, initié des démarches promotionnelles auprès de nouveaux pharmaciens sur la base que l’implication sur la plateforme pourrait permettre l’acquisition d’une nouvelle clientèle. Cela a permis de faire grimper à 400 le nombre de pharmaciens connectés en septembre 2020

Quelques mots sur les implications d’être connectés sur la plateforme pour les pharmaciens

Les pharmaciens inscrits sur la plateforme engagent leur propre responsabilité quand il s’agit de répondre aux questions des patients, de la même manière qu’ils le font lorsqu’ils répondent aux questions reçues par téléphone. Leur assurance professionnelle couvre leurs activités, qu’elles soient réalisées sur le web ou au téléphone.

Afin de garantir que chaque rencontre entre patients et pharmaciens, sur la plateforme, est sécurisée et confidentielle, tous les renseignements personnels des patients sont hébergés au Canada et sont exclusivement accessibles après que le pharmacien se soit connecté sur la plateforme. Des courriels de notification sont envoyés aux pharmaciens pour les informer qu’une nouvelle question a été reçue. Les pharmaciens peuvent décider de la nature et de la quantité de courriels reçus.

Cinq pharmacies reçoivent le courriel au même moment pour les informer d’une nouvelle question. Le pharmacien le plus rapide est celui qui aura la chance de se connecter au patient. Le patient peut également choisir sa pharmacie pour poser sa question, dans quel cas seuls les pharmaciens de cette pharmacie reçoivent le courriel de notification.

Par l’entremise de l’outil développé par Question pour un pharmacien pour mesurer automatiquement certains issus suite à la téléconsultation (voir avancement technologique), il a été trouvé qu’environ 1 patient sur 5 avec lequel un pharmacien entre en contact via la plateforme passe à la pharmacie dans les heures qui suivent la téléconsultation.

Déploiement post-étude

Comme une proportion considérable (75,5 %) des patients ont mentionné qu’ils n’avaient pas eu à consulter à nouveau après avoir discuté en ligne avec le pharmacien, l’équipe de Question pour un pharmacien a initié des discussions avec des gestionnaires de cliniques médicales et des CIUSSS dès l’été 2019 pour discuter de la possibilité de promouvoir la plateforme par le biais d’affiches sur les téléviseurs et les murs des salles d’attente. Le but de cet affichage était d’inviter la population à poser leurs questions au sujet de la médication aux pharmaciens, maintenant qu’ils pouvaient le faire pendant qu’ils attendaient leur rendez-vous via leur téléphone intelligent.

55 cliniques médicales et 5 CIUSSS ont débuté l’affichage de la plateforme sur la base des données générées par l’étude. Les gestionnaires de ces établissements reçoivent depuis un rapport mensuel sur le nombre de patients-utilisateurs de la plateforme dans leur région.

À l’été 2020, Question pour un pharmacien a également été sélectionné par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et le ministère de l’Économie et de l’Innovation pour prêter main forte aux équipes de la première ligne en lien avec la pandémie de la COVID19. Depuis le 8 septembre 2020, les équipes d’infirmières de 3 centrales d’appels d’Info-Santé du Québec peuvent rediriger les appels reçus au sujet des médicaments (4 % de tous les appels) vers le réseau de Question pour un pharmacien, afin de pouvoir se concentrer sur les questions exigeant une évaluation et leur expertise. Ce projet pilote d’une durée de 4000 redirections s’inscrit dans un nouveau projet de recherche dans lequel interviennent 3 chercheurs du crCHUM. Ces chercheurs évalueront la faisabilité d’un tel corridor numérique entre le 8-1-1 et le réseau Question pour un pharmacien, telle que perçue par les infirmières et les pharmaciens utilisateurs.

Avancements technologiques au niveau de la plateforme post-étude

Les données qualitatives et quantitatives générées par le biais de l’étude financée par Réseau-1 Québec ont permis d’améliorer la plateforme de Question pour un pharmacien de façon significative, selon l’équipe de développeurs et de propriétaires. D’abord, des améliorations significatives ont été apportées à la plateforme en janvier 2019. Ces améliorations permettent à un plus grand nombre de patients d’être en mesure de poser une question via la plateforme en simplifiant les étapes pour y arriver. Ensuite, le sondage post-téléconsultation qui était envoyé manuellement à tous les patients a servi de base pour une nouvelle fonctionnalité lancée en novembre 2019 sur la plateforme. Cette fonctionnalité permet de recueillir, de façon automatisée, le degré de satisfaction et une rétroaction écrite des patients sur la téléconsultation avec le pharmacien. Cette donnée est ensuite fournie au pharmacien ayant répondu à la question. Le but de cette approche est de permettre aux pharmaciens de savoir si leurs interventions ont plu aux patients et ainsi de s’améliorer. Cela permet également au pharmacien de savoir si le patient a dû consulter ailleurs après l’intervention ou s’il s’est rendu à la pharmacie (voir figure 1).

Figure 1. Capture d’écran du tableau de bord «Statistiques» d’une pharmacie, septembre 2020

Mais l’amélioration la plus significative ayant été engendrée par les données issues de l’étude est certainement l’inclusion prochaine d’autres professionnels de la santé sur la plateforme. Cette évolution est prévue pour la fin de l’année 2020 et sera liée à un changement de nom et d’image pour la plateforme (Question pour un pro). Tous les professionnels de la santé faisant partie d’un ordre professionnel et ayant un intérêt pour l’acquisition de clientèle ou le gain en visibilité que permet la plateforme pourront s’y inscrire.

Pour arriver à fournir à la population canadienne une plateforme «tout-en-une», l’équipe de Question pour un pharmacien travaille activement à catégoriser toutes les téléconsultations réalisées depuis 2018 sur la plateforme. L’objectif est d’entraîner un algorithme qui permettra d’identifier le ou les professionnels à qui la question doit être envoyée en fonction des mots employés par le patient au moment de la poser sur la plateforme. Cela s’inscrit dans les efforts collectifs de réduction des déplacements et du risque d’infection à la COVID19, alors que la deuxième vague est bien arrivée au Québec.

Alexandre Chagnon, pharmacien
Fondateur, Question pour un pharmacien



Appel à candidatures pour le programme TUTOR-PHC et offre de bourse pour y participer

L’appel à candidatures pour le programme TUTOR-PHC est maintenant ouvert. La date limite pour postuler est le 30 novembre 2020. Encore une fois cette année, le Réseau-1 Québec offre des bourses pour y participer!

TUTOR-PHC : en quoi ça consiste?
Le Réseau-1 Québec est fier partenaire de ce programme de certificat novateur d’un an (mai 2021 à avril 2022) qui vise à renforcer les compétences en recherche en santé primaire interdisciplinaires des jeunes chercheurs-es, des cliniciens-nes et des décideurs-es. Le programme comprend :  

  • Un symposium sur place au printemps 2021(*peut être virtuel en raison de la COVID-19).
  • Deux ateliers en ligne de trois semaines chacun (juin et novembre).
  • Deux groupes de discussion interdisciplinaires en ligne (semaines chacun).  
  • Du mentorat de la part de chercheurs-es et décideurs-euses expérimentés-es en recherche interdisciplinaire.

Qui est accepté par TUTOR-PHC?
Le programme est ouvert aux étudiants-es gradués-es, aux stagiaires postdoctoraux, aux cliniciens-nes en milieu de carrière et aux décideurs-euses œuvrant dans les services de première ligne.
 
Pourquoi postuler à TUTOR-PHC?

  • Pour avoir accès à un programme de formation de haute qualité, y compris un symposium intensif d’une semaine.
  • Pour avoir la possibilité d’obtenir des crédits universitaires et des crédits FMC.
  • Pour bénéficier de rétroaction sur vos propres projets de recherche.
  • En tant que décideur-euse ou clinicien-ne, vous pourrez améliorer vos compétences en recherche pour renforcer votre capacité à prendre des décisions éclairées par les données probantes.
  • Pour contribuer à la création dans votre organisation d’une culture de prise de décision fondée sur les données probantes.
  • Pour développer votre confiance à travailler en équipe de recherche interdisciplinaire.
  • Pour obtenir du mentorat de la part de chercheurs-es et de décideurs-es expérimentés-es.
  • Pour profiter d’opportunités de réseautage avec plus de 200 anciens boursiers-ères et mentors de partout au Canada. 

Coût : 3000$ par participant, incluant les frais de transport et d’hébergement au symposium.

Cette année, le R1Q offrira une bourse de 1000$ par participant sélectionné du Québec (maximum : 4 bourses).
 
Date limite pour postuler : 30 novembre 2020

Information générale >> 
Formulaires de candidature >>

*Les candidatures sont acceptées en français.

Des questions? Écrivez à : 

L’équipe du Réseau-1 Québec



Lancement de l’appel à projets de développement du R1Q

C’est avec grand plaisir que nous vous annonçons que l’appel à projets de développement est maintenant ouvert!  

Appel à projets de développement
Date limite : 3 décembre 2020 à 23 h 59

Veuillez noter qu’un formulaire d’inscription devra être soumis avant le 5 novembre à 23 h 59.

Ce concours vise financer des équipes qui souhaitent élaborer un protocole de recherche de type « recherche 3.0 » pour évaluer l’implantation d’une innovation ou d’un changement dans la prestation de services dans les milieux cliniques associés aux réseaux de recherche axée sur les pratiques de première ligne (RRAPPL), en vue d’améliorer la qualité et l’intégration des soins pour les patient(e)s.

Pour être éligible, vous devez être membre du Réseau-1 Québec avec un profil de membre à jour. Si vous n’êtes pas déjà membre, vous pouvez vous inscrire ici. C’est rapide et gratuit! 

N’hésitez pas à communiquer avec nous pour toutes vos questions. Une Foire aux questions est aussi à votre disposition.

L’équipe du Réseau-1 Québec



Nouvelle série de balados du R1Q « Première Ligne »!

Le Réseau-1 Québec lance une nouvelle série de balados (podcasts) – Première ligne / Frontlines – où nous explorons les données probantes pouvant servir à soutenir les pratiques en soins primaires. Dites-nous ce que vous pensez de nos premiers épisodes!

La série est destinée principalement aux cliniciens-nes et résidents-es de première ligne. Cette série a comme objectif de stimuler l’intérêt et de renforcer les compétences en médecine fondée sur les preuves et  études scientifiques.

(Dre Emma Glaser, modératrice)

Nous vous invitons à écouter un ou plusieurs épisodes, et à répondre à un court sondage (5 min, disponible en français et en anglais) pour nous aider à cerner les besoins existants et à bonifier la formule actuelle.

N’hésitez pas à transmettre ce message à vos collègues !

Merci de répondre au sondage avant le 30 octobre 2020.

Cordialement,
L’équipe du Réseau-1 Québec



Un texte de réflexion de Howard Bergman : COVID-19: constats et pistes pour l’avenir de notre système de santé

Ce texte fait partie d’une série de réflexions sur la première ligne en contexte de pandémie du Réseau-1 Québec. Article publié originalement le 5 octobre 2020. Vous pouvez également retrouver ce texte sur le site de La presse plus. An English version is also available.

“It was the best of times, it was the worst of times, … it was the spring of hope, it was the winter of despair.”  – Charles Dickens, Tale of 2 Cities

Alors que nous sommes encore au cœur de la tempête, il me semble important de réfléchir dès maintenant aux leçons que nous pouvons tirer pour améliorer les bases de notre système de santé.

La pandémie de COVID-19 a souligné plusieurs aspects positifs de notre système de santé. Les gouvernements et les partis politiques ont généralement mis de côté leurs différends. Les décisions sont fondées sur les données disponibles les plus fiables en santé publique. Les travailleurs de la santé réagissent avec abnégation. Les innovations sont rapidement mises en œuvre. On observe un niveau élevé de solidarité sociale.

Cela peut s’expliquer par le fait que le Canada dispose d’un système de santé universel à payeur unique qui repose sur la notion suivante : la santé est une valeur sociale et non une denrée marchande. Chaque province comporte un système de santé intégré capable de mobiliser des ressources humaines et physiques. Il existe des structures solides de soins primaires et spécialisés.  

Pourtant, tout n’est pas parfait. La stratégie initiale visant à protéger la structure hospitalière a fonctionné. Mais ce sont les conditions déplorables des personnes âgées dans les CHSLD et les résidences qui nous ont heurtés de plein fouet.

 Il est tragique, sans être surprenant, que la grande majorité des décès dus aux coronavirus se produisent chez les personnes très vulnérables des CHSLD et des résidences. Il est surtout déchirant de les voir vivre et mourir dans des conditions inacceptables, coupées de leur famille, puis inhumées sans accompagnement; soignées par du personnel débordé, mal protégé et à court de ressources. 

Il ne fait aucun doute que cette crise est dévastatrice. Toutefois, il existe des facteurs structurels qui expliquent pourquoi nous avons réussi à maîtriser la crise dans le réseau hospitalier, mais beaucoup moins dans d’autres secteurs.

Notre système de santé n’est pas aussi universel et complet qu’il devrait l’être. Alors que les services hospitaliers et médicaux sont couverts sans besoin de payer de sa poche, les soins de longue durée communautaires et institutionnels sont à la fois universels et sélectifs : ils combinent la couverture publique et la contribution privée.

La crise actuelle démontre également l’impact des politiques liées au financement, à l’organisation et à la gouvernance du système de santé, politiques adoptées par tous les gouvernements depuis de nombreuses années. 

La planification budgétaire prévoit les ressources humaines et matérielles tout juste suffisantes à un système qui, par ailleurs, n’a ni réserve ni marge de manœuvre. Par exemple, les lits d’hôpitaux sont toujours occupés à plus de 100%. Le financement sous-optimal se fait surtout sentir dans les CHSLD où les conditions de vie donnent lieu à un débat pathétique sur la pertinence d’un deuxième bain par semaine. Dans de nombreux cas, les installations physiques sont obsolètes.

L’augmentation rapide des cas de COVID-19 dans les quartiers pauvres et densément peuplés de Montréal met en relief la récente réduction de 30 % du budget de la Santé publique au Québec.

Les gouvernements successifs ont décidé que l’efficacité exigeait une centralisation et une microgestion fortes. Les fusions massives des CISSS/CIUSSS ont entraîné le désengagement et la perte du sentiment d’appartenance des communautés et des travailleurs de la santé. Ces décisions ont conduit à l’incapacité des établissements à adapter leurs actions aux besoins locaux et ont réduit leur capacité à réagir aux crises.

À la fin de cette crise, la population s’attendra à ce que nous tirions des leçons précieuses de cette expérience. Voici quelques-unes des questions clés qui seront au centre du débat public:

  • Les dépenses en santé qui favorisent des soins de qualité et une santé publique robuste sont des investissements qui contribuent à la fois au bien-être de la population et à la croissance et la protection de l’économie.
  • Les soins à domicile et les soins de longue durée, ainsi que les services de proximité tels que la dentisterie, la réadaptation, la psychologie et les services sociaux font partie intégrante du système de santé public, tout comme les services médicaux et hospitaliers.
  • Un système de santé solide est ancré dans une gouvernance locale forte, avec un engagement et une responsabilisation de la population et de la communauté.

Il n’y a pas de solutions simples. Mais nous pouvons travailler à changer le paradigme du système de santé. La crise nous offre une occasion unique d’organiser une discussion publique sérieuse et transparente.

Howard Bergman, MD, FCFP, FRCPC, FCAHS est professeur de médecine de famille à l’Université McGill. Il a été membre de la Commission Clair (2000) et est l’auteur du Plan Alzheimer du Québec (2009).



Un texte de réflexion de Marie-Dominique Beaulieu : COVID-19, télémédecine et médecine humaniste : back to the future?

Ce texte fait partie d’une série de réflexions sur la première ligne en contexte de pandémie du Réseau-1 Québec. Article publié originalement le 24 septembre 2020 

Il est encore trop tôt pour mesurer tous les impacts de la crise sans précédent que nous vivons. Mais une chose est certaine, si on en croit les témoignages issus des milieux de première ligne: la pratique clinique ne sera plus la même. Le passage à la télémédecine, qui s’est opéré en deux semaines littéralement, nous fera passer enfin de l’avis de tous, au XXIième siècle et rendra possible le déploiement de la santé connectée et des différentes plateformes de télédiagnostics. On entre enfin dans l’ère moderne. On commence aussi à voir émerger les dommages collatéraux de la pratique à distance : diagnostics manqués, tranches de la population qui passent sous le radar. Je propose quelques réflexions sur ce que je connais le mieux, la médecine de famille, mais je crois qu’elles sont applicables à la pratique clinique de première ligne en général.

Télémédecine et santé connectée pour quels objectifs et quels types de décisions?

Qu’il soit possible de régler énormément de petites choses à distance, cela fait longtemps que les cliniciens rémunérés selon des formules à forfait ou à salaire le savent. Qu’on le découvre maintenant est un peu ironique. Je finissais toutes mes journées de consultation par un 30 minutes de retour d’appels pour gérer des problèmes bénins pour des patients que je connaissais bien. Mais je me serais fait jouer bien des tours par des patients que je connaissais pourtant bien sans avoir toute l’information que donne une visite en personne – la démarche, les gestes, les expressions faciales, les silences – de l’accueil dans la salle d’attente au bonjour avec la main sur la poignée de porte avec ce « en passant docteur, j’ai cette douleur à la poitrine en marchant depuis quelque temps ».  Pour justifier l’engouement vers la télémédecine, qui en passant est surtout en audio – au téléphone- plutôt qu’en « télé », on entend toute sortes de choses comme cette citation mal comprise que « 80% des diagnostics se font par l’histoire » invoquée pour affirmer que le téléphone suffit dans la majorité des cas. C’est mal comprendre la démarche clinique, si bien décrite par Epstein il y 40 ans. S’il est encore vrai que 80% de la démarche clinique repose sur l’histoire, ça prend la plupart du temps l’examen physique et parfois quelques épreuves de laboratoires pour boucler le 20% qui manque pour arriver au bon diagnostic. Bien sûr les objets connectés et les outils dérivés de l’intelligence artificielle nous rendront encore plus efficaces à distance. Mais la tâche intellectuelle que requiert la démarche clinique est excessivement exigeante et complexe. Elle demande à la fois l’acquisition de plusieurs types d’information et leur « traitement » – dans le sens informatique du terme – puis la mise en relation avec les connaissances scientifiques issues de la recherche pour décider du diagnostic ou du pronostic le plus probable, du traitement le plus susceptible d’être efficace. Non seulement faut-il cerner les symptômes mais aussi comprendre la personne et son contexte. Les symptômes sont plus un narratif qu’un ensemble de données précises.

La télémédecine, les objets connectés et les applications diagnostiques dérivées de l’intelligence artificielle (IA) seront particulièrement utiles pour faciliter le suivi de problèmes connus, réduire l’incertitude diagnostique et thérapeutique, et amener certaines avancées médicales dans les régions plus éloignées, mais ce n’est pas demain que ces avancées relègueront au dernier plan la rencontre médicale. En fait, selon Eric Topol dans son essai Deep Medicine, la principale retombée de ces avancées devrait être de rendre les soins de santé plus humains que jamais en permettant aux professionnels de la santé de se concentrer sur ce qui est essentiel à la pratique d’une « bonne médecine » : l’écoute, la compréhension de la personne dans sa globalité et la compassion.

Ne pas creuser les inégalités : l’accès aux services de première ligne comme facteur d’équité

La COVID-19 a aussi été révélatrice des maillons faibles de notre système de santé. Une de ces faiblesses a été l’incapacité de réduire l’impact des inégalités de santé. Plus que jamais la COVID a révélé et creusé les inégalités. Inégalités dans la sévérité de la maladie accentuée par le dangereux mélange de la co-morbidité, de la pauvreté et de la précarité des conditions de vies. Inégalités dans l’accès aux soins non liés à la COVID et résurgence des maladies sensibles à la prévention et au traitement précoce. L’accès aux services de première ligne est un facteur protecteur contre les inégalités de santé. Malheureusement, au Canada et au Québec, il est bien démontré que les personnes moins favorisées éprouvent plus de difficultés à avoir accès à un médecin de famille et que le niveau socio-économique, l’âge, l’origine ethnique et le fait d’être une femme sont plus fréquemment associés à des services préventifs et curatifs de moins bonne qualité. Déjà plusieurs clientèles ne réussissent pas à franchir les forteresses que sont malheureusement devenus les cabinets médicaux et les établissements de santé. Si le recours à la télémédecine aidera certainement à réduire certaines inégalités d’accès de nature géographique, il faut craindre que ce mode de pratique creuse les inégalités en réduisant l’accès, déjà difficile, aux personnes sans-abris, à celles aux prises avec des problèmes de santé mentale et d’addiction, aux personnes âgées, aux moins scolarisées et aux immigrants récents. Il faudra faire preuve d’inventivité en allant aux devant de ces personnes, là où elles vivent, dans la rue, dans leurs maisons. En trouvant des façons de rendre nos milieux de pratiques accueillants pour elles. La COVID-19 a déjà révélé combien les praticiens de première ligne peuvent faire preuve de courage et d’esprit inventif. Les projets soutenus par Réseau-1 (https://reseau1quebec.ca/projets/projets-sur-la-covid-19/) et par la Fondation pour l’avancement de la médecine familiale en sont des exemples frappants (https://fafm.cfpc.ca/fr/programme-sci-covid-phaseone/).

Apprendre en agissant : l’importance de la recherche en soins de première ligne 

Paradoxalement, les avancées technologiques favorisées par la COVID-19 pourront avoir un impact délétère si on ne les utilise pas à bon escient à la fois au plan clinique mais aussi en regard des problèmes d’inégalités d’accès aux services de première ligne qu’elles peuvent engendrer. Il nous faut donc s’assurer que nous apprendrons de ces transformations de la pratique pour identifier celles qui ont vraiment une valeur ajoutée et celle qui nous font reculer.  Lorsque j’ai terminé ma maîtrise en épidémiologie, ma directrice de recherche, Mme Jacqueline Fabia une grande épidémiologiste, m’a donné ce conseil dont j’ai mis du temps à mesurer l’importance. Elle m’a dit « Tenez de bons dossiers. C’est de l’observation minutieuse de la pratique que naissent les découvertes importantes. Vos dossiers sont une mine d’informations ». Observer de façon minutieuse, c’est aussi s’intéresser à mesurer l’impact de la COVID et de nos nouvelles pratiques cliniques et organisationnelles du point de vue des patients.

Non, il ne faut pas que la pratique clinique reste la même, il ne faut pas reculer lorsque la pandémie sera terminée. Mais pour vraiment avancer et tirer profit de cette crise sans précédent il faut revenir à l’art de la pratique clinique et à la valeur de la recherche ancrée dans la pratique. C’est seulement ainsi qu’on apprendra « tout en construisant l’avion ». Back to the Future.

Marie-Dominique Beaulieu, C.Q., M.D.,CMFC, M.Sc., FCMF
Professeure émérite Département de médecine de famille et de médecine d’urgence, Faculté de médecine, Université de Montréal



Un texte de réflexion de Jean-Louis Denis, Nancy Côté et Catherine Régis : Leadership en contexte de pandémie : quelles leçons tirées pour les soins et les services en première ligne ?

Ce texte fait partie d’une série de réflexions sur la première ligne en contexte de pandémie du Réseau-1 Québec. Article publié originalement le 2 septembre 2020 

Jean-Louis Denis, professeur titulaire et Chaire de recherche du Canada, École de santé publique de l’Université de Montréal, Nancy Côté, professeure adjointe et chercheure-boursière FRQS, Département de sociologie et chercheure au centre Vitam, Université Laval et Catherine Régis, professeure titulaire et Chaire de recherche du Canada, Faculté de droit de l’Université de Montréal. Les professeurs Denis et Régis sont co-fondateurs du Hub santé – politique, organisations et droit (H-POD).

Depuis mars, la vie quotidienne des citoyen.es du Québec a été bouleversée par une crise sanitaire majeure. Pour plusieurs, le point de presse tenu régulièrement par les leaders politiques est un passage obligé pour mieux comprendre les orientations gouvernementales et leurs implications. La pandémie actuelle est une occasion unique pour apprendre sur l’exercice du leadership en contexte de crise et pour réfléchir au rôle que peuvent jouer les leaders en première ligne de même qu’aux ressources nécessaires pour faire face à cette crise. Voyons les enseignements que nous pouvons en tirer pour se préparer aux crises à venir.

À ce titre, la première ligne a un rôle clef à jouer, mais certaines conditions s’avèrent nécessaires pour qu’elle soit en mesure d’exercer pleinement ce rôle.

Les données récentes publiées sur le site de Santé-Montréal (santemontreal.qc.ca/population/coronavirus-covid-19/situation-du-coronavirus-covid-19-a-montreal/point-sante/) révèlent l’existence d’inégalités devant la pandémie, notamment entre les hommes et les femmes et chez les populations racisées. De longue date, il est bien connu que la santé ne se résume pas à une question d’accessibilité à des soins et à des services; elle est intimement liée aux conditions de vie donnant plus ou moins accès à un capital économique, social ou culturel permettant de tirer parti des ressources de l’environnement (par exemple l’éducation, un réseau social, des ressources financières, etc.), ce qui permet aux individus de se développer et d’être en santé. Si la santé publique peut sonner l’alerte quant à l’importance de s’attarder aux conditions de vie des individus, elle doit néanmoins s’appuyer sur un réseau de soins primaires solide pour pouvoir agir sur celles-ci. Les soins et les services de première ligne ne sont à l’évidence qu’une partie de la réponse possible, mais ils jouent un rôle important pour atténuer les risques pour la santé en temps de pandémie, particulièrement pour certains segments de la population.

Revenons sur la question du leadership. En contexte extrême, un leadership concentré au sommet ne peut que s’essouffler (Hannah & al., 2009) eu égard à la complexité des enjeux et à leur imprévisibilité en temps de pandémie; le besoin d’une diversité de leviers et d’expertises pour protéger la santé devient incontournable. Le gouvernement ou le système de santé doit être en mesure de mobiliser des acteurs à des niveaux inférieurs de gouvernance telle que la région ou la communauté. Ce leadership doit aussi transcender avec plus de détermination un ensemble de frontières entre secteurs, groupes sociaux, professions et champs de connaissances (Ospina & al., 2020). Ainsi, il faut que ces espaces d’intervention bénéficient à la fois d’un leadership pluriel s’adaptant aux enjeux qui se présentent et qui évoluent au gré de la pandémie et de ressources suffisantes pour intervenir efficacement. Les soins primaires renvoient à un modèle plus global qui ne se réduit pas, même s’il l’inclut, à une vision médicalisée de l’offre essentiellement orientée vers l’accès à un médecin de famille ou à une équipe interprofessionnelle souvent restreinte et s’appuyant sur des expertises exclusivement cliniques. Ces modèles sont insuffisants pour mener des interventions ciblées efficaces et pour répondre adéquatement aux besoins des populations dites vulnérables (Ouimet & al., 2015; Levesque & al., 2012).

De plus, les savoirs et l’expertise requis pour soutenir le développement d’un modèle de soins primaires capable de répondre adéquatement aux enjeux que soulève la pandémie sont nombreux. Ils renvoient à l’épidémiologie sociale, la sociologie, l’anthropologie, les sciences du comportement et de l’organisation ainsi qu’à l’économie pour n’en nommer que quelques-uns. Leur mise à contribution, au moment opportun, requiert une volonté et une sensibilité des pouvoirs publics à les mobiliser afin d’appuyer et d’outiller les instances locales, telles que la première ligne, le réseau local de services (RLS), la communauté, dans le déploiement de leurs services et de leurs interventions. Les collaborations entre ces différents univers ne sont rendues possibles que s’il existe une forme intégrative et plurielle de leadership permettant de penser des interventions dans toute leur globalité (Crosby & Bryson, 2010).

Cet appel pour un leadership intégratif et pluriel implique tout d’abord de laisser une place plus grande aux leaders des établissements de santé qui ne doivent pas se limiter à exécuter des orientations du gouvernement central. Nous référons ici non seulement aux cadres supérieurs, mais aussi aux intervenants qui exercent un leadership informel  et aux cadres intermédiaires qui peuvent assurer le relais nécessaire entre le sommet stratégique des organisations et les professionnel.les et intervenant.es directement impliqué.es dans la dispensation de soins et des services. Il implique aussi de créer des ponts plus structurants que ce qui existe actuellement entre la santé publique, les ressources du système de soins et les milieux universitaires susceptibles de s’engager dans des démarches collaboratives et innovantes d’intervention. Cela suppose aussi que la première ligne devienne un véritable laboratoire d’expérimentation pour penser et agir en faveur de la santé de la population.

De nombreuses initiatives ont été mises sur pied ici et là par les gestionnaires et les cliniciens de la première ligne pour adapter l’offre de services au contexte de la crise et soutenir adéquatement leurs équipes. Par exemple, dans plusieurs groupes de médecine familiales (GMF), le rôle de professionnels comme les infirmières cliniciennes, les pharmaciens et les agentes administratives a été redéfini de manière à optimiser l’utilisation de leur champ de pratique et de favoriser un meilleur travail de collaboration au sein des équipes. Certains cadres intermédiaires ont eu recours à la technologie pour planifier des rencontres d’équipe plus fréquentes, ce qui leur a permis de rester en contact étroit avec leurs équipes, d’être plus à l’écoute des difficultés vécues sur le terrain et de pouvoir réajuster le tir rapidement; le contexte de la crise ayant donné à certains une plus grande marge de manœuvre décisionnelle. Ces quelques exemples témoignent d’un dynamisme et d’une volonté d’agir mais restent limités dans leur portée s’ils ne sont pas intégrés dans un dispositif plus ambitieux et dédié à la poursuite de l’équité. Cela suppose une volonté et une aptitude chez les leaders politiques, administratifs et cliniques en place à collaborer avec de nouveaux acteurs qui sont des relais incontournables dans le développement des communautés et d’une offre élargie de soins primaires ainsi que dans la mobilisation étendue des savoirs. Une telle volonté doit aussi se traduire à terme par une disponibilité suffisante des ressources pour soutenir une action aussi ambitieuse que celle de travailler à réduire les iniquités en matière de santé en contexte de pandémie.

Références :

Crosby, B. C., & Bryson, J. M. (2010). Integrative leadership and the creation and maintenance of cross-sector collaborations. The Leadership Quarterly, 21(2), 211-230.

Ford-Gilboe, M., Wathen, C. N., Varcoe, C., Herbert, C., Jackson, B. E., Lavoie, J. G., … & Wong, S. T. (2018). How equity‐oriented health care affects health: Key mechanisms and implications for primary health care practice and policy. The Milbank Quarterly, 96(4), 635-671.

Hannah, S.T., Uhl-Bein, M., Avolio, B.J. & Cavarretta, F. (2009). A framework for examining leadership in extreme contexts. The Leadership Quarterly, 20(6): 897-919

Levesque, J. F., Pineault, R., Hamel, M., Roberge, D., Kapetanakis, C., Simard, B., & Prud’homme, A. (2012). Emerging organisational models of primary healthcare and unmet needs for care: insights from a population-based survey in Quebec province. BMC family practice, 13(1), 66.

Ospina, S.M., Foldy, E.G., Faurhurst, G.T. & Jackson, B. (2020). Collective dimensions of leadership: Connecting theory and method. Human Relations, 73(4), 441-463.

Ouimet, M. J., Pineault, R., Prud’homme, A., Provost, S., Fournier, M., & Levesque, J. F. (2015). The impact of primary healthcare reform on equity of utilization of services in the province of Quebec: a 2003–2010 follow-up. International journal for equity in health, 14(1), 139.



Une équipe de haute qualité dirigera l’enquête internationale PaRIS au Québec

À la suite de l’appel à manifestations d’intérêt lancé par le R1Q, Marie-Ève Poitras et une équipe de cochercheures ont été sélectionnées pour diriger la participation du Québec à l’enquête internationale PaRIS de l’OCDE auprès des patients ayant des maladies chroniques. La professeure Poitras travaillera de près avec Jeannie Haggerty, Sara Ahmed, Magaly Brodeur, Maude Laberge, Sylvie Lambert, Nadia Sourial, Regina Visca et Diana Zidarov, ainsi qu’avec l’équipe pancanadienne, pour atteindre les objectifs du projet.

Félicitations et bonne chance à toute l’équipe!



La facilitation de la pratique et de la recherche : moteurs pour un système de santé apprenant

Voilà une bonne idée que le système de santé apprenant. Si quelqu’un avait un doute à ce propos, la pandémie a su le faire disparaître. Un système apprenant requiert un accès à des données, mais aussi, en fait surtout, à des capacités d’agir sur les nécessaires changements de pratiques découlant de l’éclairage que nous apportent ces données. Pour cette raison, le moment fort de tout processus d’apprentissage est celui de l’effet du passage à l’acte sur le changement des pratiques. Vaut mieux penser le changement que changer le pansement, écrit le chanteur Francis Blanche.

À cet égard, c’est avec fierté que nous vous faisons connaître deux nouvelles ressources. La première est un texte de positionnement sur le continuum entre la recherche et l’amélioration continue de la qualité (février 2020), qui découle de notre participation au Symposium pancanadien sur la facilitation des pratiques cliniques relativement à l’amélioration continue de la qualité et la recherche tenu en septembre 2018.

La facilitation de la pratique et la facilitation de la recherche sont deux moteurs du processus de changement d’un système de santé apprenant. Elles sont un peu distinctes, mais aussi essentielles dans les processus continus et réflexifs d’amélioration de la qualité. Toutes deux contribuent à l’accélération de ce mouvement d’apprentissage. Le R1Q collabore donc de près avec les agents d’amélioration continue de la qualité du Québec, afin de soutenir une recherche qui nourrit ou prolonge leur action.

La deuxième ressource est le guide d’introduction et de plaidoyer sur la facilitation de la pratique (juillet 2020) produit par le Collège des médecins de famille du Canada. Le R1Q a eu le plaisir de participer au comité consultatif qui a contribué à la production de ce guide.

Par rapport à d’autres contextes nord-américains, le Québec est unique en ce qu’il a une infrastructure de recherche en première ligne robuste (le R1Q et les RRAPPL), ainsi que des agents d’amélioration continue de la qualité. À ce titre, nous sommes déjà très avancés en matière de facilitation de la pratique et de la recherche.

Pour suivre l’évolution de ce dossier et pour en savoir plus sur les travaux du R1Q dans ce domaine, visitez la section « Amélioration continue de la qualité et la recherche : un continuum » sur la page Ressources du site Web du R1Q.

Yves Couturier, PhD

Directeur scientifique du Réseau-1 Québec



À la recherche d’un-e animateur-trice des webinaires du R1Q!

Vous êtes passionné-e par la recherche en première ligne? Vous êtes une personne dynamique qui désire susciter des discussions et réflexions fructueuses entre les membres du R1Q sur des sujets d’envergure?

Ce mandat pourrait vous intéresser!

Description des fonctions :

  • Coanimer deux ou trois webinaires en 2020-21 avec l’animatrice actuellement en poste;
  • Préparer les diapositives d’introduction et une série de questions en vue d’animer la période de questions des webinaires prévus pour 2020-21 (cinq ou six webinaires);
  • Assister à l’ensemble des webinaires réalisés en 2020-21 et participer à l’évaluation de la série au printemps 2021.

Horaire : deux à cinq heures par mois entre novembre 2020 et mai 2021.

Candidat-e recherché-e :

  • Membre du Réseau-1 Québec et étudiant-e au doctorat ou postdoctorant-e à une université québécoise dans un programme de recherche lié à la première ligne;
  • Disposé-e à prendre en charge l’animation de la série de webinaires à partir de 2021-22 (mandat rémunéré, sept heures par mois);
  • Une expérience en animation de webinaires, d’ateliers ou de conférences scientifiques est un atout;
  • Le bilinguisme est un atout.

Rémunération : complément de bourse – montant à déterminer.

Dépôt de candidature :

Merci d’envoyer les documents suivants à avant le 1er octobre 2020 :

  • Curriculum vitae;
  • Lettre de motivation (une page maximum);
  • Nom et coordonnées de deux références.

Pour en savoir plus, consultez la page des webinaires du R1Q ou écrivez-nous à .

Au plaisir de collaborer!





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